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Le marketing voyou.
Encore une discipline qui se pervertit pour compenser la baisse de la consommation, ainsi face à la fébrilité du pouvoir d’achat, de nouvelles techniques de vente voient le jour chez certains opérateurs afin de lutter contre la baisse de tension consumériste des foyers français.
En postulat, le déplorable constat qui considère qu’un consommateur fragile peut être endormi par de fausses bonnes promesses !
Sans virer à la paranoïa, le mensonge et la tromperie nous guettent tous au détour de la plupart des offres de service, savamment packagées.
Des garanties que les clauses d’exclusion rendent inopérantes : comme une assurance contre le vol de portable qui ne peut s’activer … qu’en cas d’agression seulement, le renouvellement quasi-automatique de tout abonnement ou couverture, la tacite reconduction nous bloquant pour une année de bagne supplémentaire si l’on rate la date ou le courrier, parait il obligatoire, de dénonciation, ou bien encore l’incontournable extension de garantie avec remboursement d’une partie de la valeur d’achat dans 7 ans, alléchant certes, mais pour l’acquisition d’un nouvel aspirateur, tant pis si l’ancien, objet de cette garantie, fonctionne toujours à cette échéance, la planète n’est pas à un déchet près ! Belle mentalité, et les exemples nous submergent.
Aucun secteur n’est épargné car la chute de ce que les économistes appellent le « consentement à payer » mine l’ensemble du champ de la consommation.
Si la concurrence doit logiquement faire baisser les prix en valeur absolue, en valeur relative aucune prétendue gratuité ou « cadeau commercial » n’existe sans qu’elle ou il soit compensé à moyen ou long terme, marge et profit obligent !
Impossible d'échapper à ces flamboyants dispositifs déloyaux, dans l’immobilier plus qu'ailleurs. Historiquement, l’opacité y est cultivé : noyer le poisson et le client dans un marécage de commissions au pourcentage cumulables par tranche et verrouiller par un prix frais d’agence inclus (FAI) qui tue toute velléité de démarche comparative : c'est l'usage et la coutume.
La profession immobilière ressent pourtant de plein fouet cette réticence grandissante du consommateur à payer un ‘service compris’ disproportionné, pour ne pas dire exorbitant, sans qu’une quelconque valeur ajoutée supplémentaire ne le justifie.
On assiste depuis lors à un repli stratégique de réseaux franchisés qui se drapent noblement dans une politique commerciale avec un pourcentage unique, arguant même un résultat « plus efficace et moins cher ».
Si le rapport mécanique de cause à effet peut laisser dubitatif (on se demande toujours : pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt ?), cette nouvelle salve marketing révèle également une démarche plus inique encore que l’ancien système, car la taxation au pourcentage unique privilégie le gros acheteur au regard du plus modeste, elle vide également de sa substance la notion même de service. Pourquoi un prix différent pour un service identique ?
Les argumentaires commerciaux déployés de façon savante, purs bijoux de sophistique appliquée, nous laissent pantois, avec la désagréable sensation de remord si l’on passe à côté de ce pont d’or, et enferré dans cette culpabilité annoncée, on signe : trop tard ! C’est alors que le piège et l’amertume apparaissent réellement.
Terence Conran disait que « les gens ne savent pas ce qu’ils veulent jusqu’à ce que l’on propose ». A l’évidence, c'est un des leviers qu’actionne allègrement cette tendance au marketing dévoyé, jusqu’à ce qu’écœurés d’être pris pour des imbéciles, les gens finissent pas vraiment savoir ce qu’ils ne veulent plus.