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Il en est de la pub comme de tout, elle n’échappe pas au phénomène de mode.
Cette agacante manière collective et éphémère de faire, de penser ou de se comporter.
Le champ lexical du pubeux moyen s’enrichit donc d’un vocabulaire du moment , qui, il faut l’espérer, deviendra rapidement « has been » : l’anti-crise et ce, en adjectif, en nom, en label etc…
Tout produit ou service à vendre se dote désormais de cette vertue économique et curative de remède contre la crise. Hippotamus fait « criser » de plaisir, Quick dégraisse ses prix pour qu’ils deviennent «Rikiki», les vendeurs de fenêtres, de voitures, de textile se découvrent des ressources pour ENFIN proposer des offres qui, hier encore (enfin il y a 6 mois), auraient été qualifiées d’inimaginables, voire de suicidaires, dans les sphères pensantes.
Carrefour, plus blanc que blanc (à l’image de son packaging), enfourche le hard discount et déclare que désormais, Pablo et Pierrette doivent pouvoir consommer bien, bon et moins cher (environ 30% à produit équivalent de marque selon Carrefour) ! Heureusement que Pablo et sa grand-mère ont patiemment attendu et déboursé 30% de plus pour qu’une telle si bonne et si équitable idée bourgeonne chez le distributeur contraint de redresser la barre !
Si jamais on espérait un peu de répis en boycottant le catastrophisme des médias, il y a toujours un panneau d’affichage pour nous rappeler qu’on est en plein dedans. Le concept anti-crise, déjà usé jusqu’à la corde, outrageusement démago et opportuniste donne naissance à un marketing paupériste, mis en culture et nourri par un contexte entretenu : consommer mieux parce que nous avons trouvé le moyen de vendre mieux.
On ne peut s’empêcher de voir une perversion dans cette remontée d’altruisme purement commercial.
Peut on devenir généreux et solidaire parce que subitement on est devenu « gentil », moins avide, comme touché par la grace économique ? Je doute que de telles vocations spontanées naissent indépendantes d’un instinct de survie de son chiffre d’affaire et de sa marge (qui sont des objectifs légitimes pour une entreprise) mais surtout loin d’un appétit séculaire de profit.
Ce type de communication économico-écolo-responsable prêche l’inverse mais nous ne y trompons pas : se montrer désintéresser est l’attitude la plus intéressée qui soit aujourd’hui.
Il existe des entreprises cependant qui, par leurs valeurs et par le choix de leur modèle économique ont choisi leur camp en prouvant par l’innovation qu’elles ont toujours été du côté du client. Elles s’obstinent à croire qu’une saine relation commerciale s’appuie sur un échange mutuellement profitable, donc durable. Il semble que leur sincérité d’origine, fasse la différence aujourd’hui. On pourrait citer la démarche initiale de défense du pouvoir d’achat, jamais déviée, d’Edouard Leclerc. Je veux croire que nous sommes également l’une d’entre elles.