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Je suis tenté en ce moment de suivre la pensée de Richelieu qui disait que "perdre bien tôt la mémoire était le vice des Français".
Crise du pouvoir d’achat, inflation des denrées alimentaires, du pétrole, la croissance est dépressive à l’instar du moral gaulois.
Les médias rebondissent sur ce marasme qui donne du contenu et allume des unes alarmistes et racoleuses, oscillant entre l’émotion ou l’implication du lecteur !
Certes, sans vouloir jouer les Cassandre, je prévoyais il y a 8 mois au micro de BFM une baisse inéluctable des prix immobiliers, niée alors par les barons du métier, qui soutenaient par une propagande pro domo totalement démagogique et anachronique que la tendance serait à la stabilisation ou très légèrement infléchie.
En novembre, dans le Monde, les experts immobiliers pontifiaient sur l'émergence en 2008 d'un « ralentissement » seulement des prix de l’immobilier, la FNAIM parlait de même en avril d’un « atterrissage en douceur ».
Il y a 2 mois cependant, 65% des notaires, jusqu’alors réticents, basculaient définitivement dans « la baisse sans espoir de reprise ».
Hier, le groupe Laforêt a prédit 15 % de baisse dans l’ancien cette année.
Pour une « industrie de service » se rémunérant au prorata, souvent inique, de sa production établie sur la valeur relative et fluctuante d’un stock dont elle n’est que dépositaire, ce groupe, comme les autres, ne peut plus se cacher derrière aucun arbre pour parer à l’affaissement annoncé de son chiffre d’affaires.
Donc, c’est un fait enfin avéré : l’immobilier subit un sévère réajustement, bousculé par la crise du crédit et la spéculation insensée des dernières années.
On évoque la crise immobiliere de 1990, fort à propos dirai-je, remontons en effet dans le temps pour nous rappeler qu’à cette époque l’argent coutait autour de 10%, et que, plus loin encore, nos parents empruntaient à des taux prohibitifs de 15%. L’apport personnel était alors impératif et les garanties exigées, conséquentes.
A présent, les prix baissent, l’offre est abondante, et donc négociable, et même si l’accès au crédit s’est durci, les banques doivent impérativement prêter pour financer leur propre refinancement.
Aujourd’hui encore, on peut lire dans les Echos que la France ne s’en sort pas si mal pour contenir le souffle de cette crise immobiliere au regard de ses voisins moins chanceux comme l’Espagne ou l’Irlande.
Ne nous contentons pas de notre « mémoire-cache » allègrement nourrit pas une actualité lancinante mais sachons faire appel à celle de « masse » afin d’élargir la perspective du moment et ne pas fausser les grilles de lecture de notre quotidien.
Il n’a jamais été autant possible pour les français de devenir propriétaire, ils ont aussi désormais le pouvoir d’exiger le meilleur de la profession, et rechercher celle qui saura innover et justifier la qualité de son service.