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De tout temps, des David se sont élevés contre des Goliath mais il y a de ces instants d’histoire, où cette révolte sourde et lancinante devient tonitruante face à l’injustice trop flagrante, à un déséquilibre trop insupportable et où l’excès devient une aberration en soi intolérable : que ce soit la Georgie contre le géant Russe, le petit poucet Kalibra XE contre EDF (pour abus de position dominante), les utilisateurs-otages contre Microsoft, ou encore le « pronétariat » contre les info-capitalistes*, ou bien les petits épargnants contre la haute finance mégalo !
Laissons la géopolitique ou les monopoles pour nous concentrer plus modestement sur les boucliers levés par les créateurs de richesse, ceux qui par leur travail, leur courage, leur investissement, leur foi ou leurs valeurs supportent, soutiennent et nourrissent le tissus vivant d’une nation, ses vecteurs de progrès, sa propension à la recherche, ses bases sociétales et morales d’une liberté économique et politique durable.
Les fourmis de la ruche planétaire, et encore, celles de l’hémisphère nord dans mon propos, les bâtisseurs de vraies richesses vives s’insurgent contre les Goliath gargantuesques de la finance seulement pourvoyeurs de vent, de spéculation et d’illusions.
La lutte des classes ne se pose plus en terme d’affrontement labeur/capital mais bel et bien en terme de valeur (au sens d’éthique)/capital. La dichotomie morale qui s’est creusée de façon abyssale ses dernières années a rendu ces deux notions fondamentalement antagonistes et incompatibles aujourd’hui.
La crise actuelle : fruit pourri de l’incubation effrénée d’un profit fictif, est une crise de rupture, une faille sismique entre deux classes, entre ces deux mondes.
Justice immanente, voire « biblique » ou effet de balancier, un ver résidait insidieusement dans le fruit : les mass media, ces majors capitalistiques qui régentaient l’information, et donc le pouvoir, se sont vues dépassées par les medias de masse, la diffusion transversale et non contrôlée de l’information des fourmis entre elles, rendant transparentes et immédiates les défaillances inacceptables de leur fonctionnement.
J’ai donc comme en l’idée que nous touchons à la fin de l’ère des pyramides en quelque sorte, l’agonie d’un système à vocation descendante, d’une économie pourtant dite libérale, mais l’était elle vraiment tant le sang qui l’irriguait s’était vicié ?
La génération spontanée d’argent, ex nihilo, est un leurre qui défie la plus simple logique. Nous en sommes victimes, travailleurs, entreprises et états, par excès de confiance, par aveuglement ou par inertie face aux signaux d’alarmes, mais peut être aussi, par impuissance.
Le comportement incohérent des marchés, notamment boursiers ces derniers jours, tend à prouver qu’il nous faut réinventer à présent un nouveau modèle économique où le marché ne peut plus être le gêne dominant.
Je suis également d’avis qu’il est temps d’imaginer une économie que certains nomment « plurielle », y associant un Etat plus fort, garant et gendarme, ainsi que des valeurs, bien autres que financières.